Rencontre avec le quintette Aslan

Quintette Aslan

Le quintette Aslan (Juliette Jolain (flûte), Lorentz Réty (hautbois), Jaume Ivorra (clarinette), Antoine Aboyant-Billiet (basson), Eloy Schneegans (cor)) nous livre les clés de leur préparation pour la 13e édition du Concours International de Musique de Chambre de Lyon.

Le quintette Aslan s’est-il créé à l’occasion du concours ?

Le quintette était déjà formé avant de se lancer dans cette aventure, le concours n’est qu’une occasion de progresser collectivement. Nous nous sommes tous rencontrés au début de l’année pendant la semaine d’intégration du CNSMD. On est en première année au CNSMD de Lyon, on commence tout juste nos études !

D’où vient le nom du quintette ?

Antoine : On a passé des soirées à débattre en cherchant un nom en rapport avec la ville de Lyon mais on ne réussissait pas à se mettre d’accord sur un nom qui sonnait bien. Finalement, on s’est dit que Lyon, c’était aussi le lion, l’animal. On a alors commencé à chercher dans d’autres langues : Aslan signifie lion en turc.

Pourquoi avez-vous choisi de participer au concours ?

Juliette : La participation à ce concours doit nous permettre de progresser à la fois personnellement et collectivement. On préfère penser en terme d’évolution pour le quintette plutôt que de se dire qu’on peut gagner.

Comment avez-vous entendu parler du CIMCL ?

Juliette : Notre professeur de musique de chambre, Franck Krawczyk, connaissait l’existence du concours. Pendant le premier cours, il a repéré notre potentiel.

Eloy : Alors qu’on jouait, il nous a demandé depuis combien de temps on travaillait ensemble. Cela faisait à peine deux ou trois jours ! Il nous a dit qu’à la fin de l’année, en avril, il y avait un concours et qu’il fallait absolument le faire. Au début, on ne voulait pas, on s’est dit qu’on venait juste de commencer, on devait avoir le temps de s’acclimater au CNSMD, de s’adapter aux professeurs… Et avait-on vraiment le niveau pour y participer alors qu’on était en première année ? C’est quand même un concours international ! Au début on a eu un peu peur puis après on s’est dit pourquoi pas ?

Depuis combien de temps vous préparez-vous pour le concours ?

On s’est décidé fin décembre et inscrit début janvier, date butoir pour enregistrer notre candidature. Depuis, on travaille sans arrêt et dès qu’on a un moment de libre, on se voit pour répéter.

Que pensez-vous du choix des œuvres ? Les œuvres imposées vous correspondent-elles ?

Le programme imposé a plutôt emporté l’adhésion de l’ensemble du groupe. On apprécie tout particulièrement les œuvres de Nielsen, Tomasi et Barber Cependant, la création contemporaine est compliquée.

Comment avez-vous appréhendé justement cette œuvre contemporaine ?

L’œuvre contemporaine fait ressortir plusieurs ambiances que nous voulons mettre en avant. Il faut penser au grand public, au public non averti. Notre but est de rendre cette musique accessible et compréhensible pour tous et cela vaut également pour nous. Au début des répétitions, nous étions parfois repoussés par cette musique contemporaine, mais nous avons fini par apprécier certains passages. Notre objectif principal est de faire aimer cette pièce au public qui n’a pas découvert toutes ses spécificités durant les répétitions.

Comment avez-vous élaboré le programme de la finale (les candidats doivent composer librement un programme de concert d’une heure) ?

Pour la finale, on a établi un programme plutôt ambitieux : Quintette en forme de chôros de Villa-Lobos, Summer music de Barber, l’arrangement du Quatuor à cordes n°12, « Américain » de Dvořák et Kleine Kammermusik de Hindemith. Le choix s’est fait un peu à la dernière minute mais nous avons eu l’assistance de notre professeur Sergio Menozzi. Il fallait savoir si les styles des œuvres étaient assez différents, si chaque pièce était intéressante, plus ou moins riche…

Comment envisagez-vous l’interprétation ?

Jaume : La première chose que l’on souhaite transmettre, c’est le caractère de l’œuvre. On ne peut pas interpréter Onslow comme Ligeti ! On s’adapte donc à chaque style, on tente d’être flexible.

Comment fonctionne la cohésion du groupe ?

Nous sommes un ménage à cinq ! Lors de nos répétitions, on s’écoute, on fait attention à ce que joue l’autre mais on se pose pas trop question, on se lâche et cela marche tout seul.

Qu’envisagez-vous après le concours ?

Avant tout se reposer ou tout du moins lever le pied. On se voit tous les jours ! D’autres concours viendront, nous voudrions approfondir certaines pièces que nous avons montées pour le CIMCL et en préparer d’autres comme le Sextuor pour piano de Poulenc.

— Gabriel Navaridas

Le 18 Avril 2017 par Gabriel Navaridas