Les tribulations d'Antoine Villoutreix

Très attaché à son indépendance artistique, Antoine Villoutreix, chanteur expatrié à Berlin, incarne toutes les facettes du self-made musician…

On pourrait qualifier ta musique de « chansons à texte »…

En effet, je suis chanteur, auteur, compositeur et j’habite à Berlin depuis quelques années maintenant. J’écris des chansons en français et en allemand. Mon projet musical s’articule autour de chansons à texte, acoustiques et intimistes (guitare, voix, violoncelle), que l’on retrouve sur mon premier album Les Vieux Souliers, mais également autour de morceaux aux influences « folk rock », développés ces dernières années sur scène avec mon groupe : Antoine Villoutreix Band.

Berlin est-il bien « The place to be » pour les artistes ?

Beaucoup de gens sont attirés par Berlin, qui est une ville très créative. Néanmoins, la situation économique n’y est pas toujours idéale et beaucoup d’artistes ont du mal à financer leur projet artistique. L’un des slogans de Berlin est « pauvre mais sexy », ce qui résume bien la situation. Mais Berlin est avant tout une ville fascinante offrant la possibilité d’expérimenter. Et ça, ça n’a pas de prix !

Tu es artiste, producteur, manager, éditeur. La philosophie DIY, c’est ton pain quotidien…

Mon objectif, c’est de garder le maximum de contrôle artistique sur le projet. Ce qui n’empêche pas de travailler avec des partenaires ! J’ai beaucoup appris en produisant intégralement mon premier album, Les Vieux Souliers. De façon générale, beaucoup de gens confondent labels et management. On peut très bien avoir son propre management, au service du projet, et déléguer les ventes des disques à un label ou la distribution à un distributeur. Aujourd’hui, le nerf de la guerre, c’est avant tout la promotion. Sans promotion, il est très difficile d’être visible. C’est pour ça, entre autres, que les labels demeurent d’actualité.

Comment vois-tu le futur de l’industrie de la musique ?

Je pense que le public est demandeur d’un univers artistique et qu’un album en est un élément important. D’un point de vue promotionnel, la sortie d’un disque demeure une actualité incontournable pour un musicien. Je vends mon album après mes concerts, dans quelques magasins berlinois et par correspondance via mon site. Il n’est distribué nationalement ni en Allemagne, ni en France. La plupart des ventes se passent après les concerts. La première édition de 1 000 exemplaires s’est écoulée en un peu plus d’un an.

Il doit être gratifiant de voir ses prises de risques payer ?

L’objectif principal reste toujours d’amortir les coûts et de préparer la production de l’album suivant !

— Hannelore Guittet

Crédit Photos :

Photo à la Une et encadré  © Leila Garfield

Le 20 Janvier 2014 par Hannelore Guittet

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