Le tango volé de St Ex

Marcial di Fonzo Bo récitera le 19 septembre des extraits de Vol de nuit à l'aéroport du Bourget, accompagné par le trio de l’accordéoniste Daniel Mille.

On vous connaît surtout par vos rôles au théâtre et au cinéma.... Comment abordez-vous ce travail avec le trio de l'accordéoniste Daniel Mille ?

J'ai accepté avec grand plaisir l'invitation du festival d'Ile-de-France de créer ce concert-lecture autour de Vol de nuit, car c'est une véritable chance de partager la scène avec des musiciens. La musique intervient au cœur du rythme de la lecture, peut moduler les accents du texte...
L'exercice de la lecture est particulier, par son rapport à l'immédiat mais aussi au public. C'est un genre en soi. Je me sens un peu comme un chanteur ou un récitant à l'opéra qui peut sentir et tenir son auditoire. En outre, je ne connaissais pas Daniel Mille ; c'est un cadeau supplémentaire que de découvrir l'univers d'un créateur, et d'imaginer ce spectacle ensemble.

Comment avez-vous pensé le découpage entre le roman de Saint-Exupéry et la musique ?

L'idée est de confronter l'écriture de Saint-Exupéry, mon interprétation, et l'univers musical de Daniel. Le spectacle alternera des extraits de lecture, des passages où la musique viendra s'inscrire en illustration, et des moments de musique pure qui peuvent servir à « tourner des pages », créer des ruptures. Le point de départ musical consistait à s'appuyer sur le travail de Daniel autour de Piazzola et du nouveau tango, en écho au contexte géographique du roman qui se déroule notamment en Argentine, où les pionniers de l'aéropostale franchissaient la Cordillère des Andes avec des sacs de courriers à leur bord. C'est l'idée de base, mais la musique prendra également des accents plus contemporains, avec des compositions originales.

Le concert a lieu au musée de l'air et de l'espace du Bourget, entouré d'avions légendaires... Sera-t-il scénographié ?

Le décor est en effet assez magique, et de fait parle de lui-même ! Pas de scénographie donc, le cadre permettra je crois à chacun de s'évader dans son imaginaire...

— Hannelore Guittet

Photo de Marcial di Fonzo Bo : Droits réservés

Le 6 Septembre 2015 par Hannelore Guittet