Haut de gamme

Ann-Estelle Médouze et Robin Paillette, violon supersoliste et cor solo de l'Orchestre National d'Île-de-France, racontent leur premier concert dans la grande salle de la Philharmonie de Paris, conçue par Jean Nouvel et inaugurée le 14 janvier.

Grande salle de la Philharmonie ©William Beaucardet

Quelles sont vos impressions après le concert inaugural de l'orchestre à la Philharmonie ?

Ann-Estelle : c'est une très belle salle à tout point de vue, architectural et acoustique. J'ai eu la chance de pouvoir y jouer quelques notes en solo : le son est magnifique. J'ai été frappée par la précision de l'émission sonore, c'est une vraie réussite. Il y a une belle clarté, avec une réverbération très agréable. En outre, c'est un endroit chaleureux. Depuis la scène, on voit les visages du public de très près ; c'est surprenant de prime abord, mais procure finalement un grand confort de jeu. On en oublie que la salle est si grande.

Robin : je partage cette impression. La Philharmonie sonne très bien, et de manière homogène à 360°. En tant que corniste, j'ai été sensible à la rondeur des fréquences graves, qui trop souvent se perdent dans beaucoup de salles. Quant à la connexion avec le public, elle est en effet plus intime ; c'est moins intimidant.

Quelles différences entre l'acoustique de la salle vide, en répétition, et en concert avec le public ?

Ann-Estelle : il y a un grand confort d'écoute sur scène entre les musiciens, dans les deux situations, même si bien sûr le son change pas mal avec la présence du public. De mon côté, j'aimerais beaucoup assister à un concert pour apprécier le rendu sonore dans la salle, et notamment entendre de la voix.

Robin : il a fallu un petit temps d'adaptation en répétition ; nous ne sommes pas habitués à ces configurations. Lorsque la salle est vide, le son se diffuse assez largement, part dans toutes les directions. En revanche, avec le public, il est beaucoup plus concentré et offre de grandes possibilités dynamiques. Le son dans les piano est sublime, précis et timbré, et les forte ne sont jamais saturés. Pour de grandes œuvres, comme des symphonies de Mahler par exemple, ce doit être génial au niveau des contrastes ! C'est une salle très bien pensée pour les grandes formations.

Un beau pari que cette Philharmonie, en résumé ?

Ann-Estelle : tout à fait ! A plus forte raison avec le symbole d'avoir une grande salle symphonique dans l'est parisien. Toutes les conditions sont réunies pour que le public soit au rendez-vous.

 

 

— Hannelore Guittet

Le 23 Février 2015 par Hannelore Guittet

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