« Une édition variée et festive »

Tandis que s’ouvre pour une semaine le festival Orchestres en fête, Philippe Fanjas, directeur de l’Association Française des Orchestres, souligne l’éclectisme du cru 2015.

Quels seront les temps forts de cette septième édition ?

Elle en comptera plusieurs, à commencer par la soirée d’ouverture le vendredi 20 mars, organisée en de multiples cafés-concerts. Nous organisons cette soirée en partenariat avec le « collectif culture Bar bars », avec cette volonté de mettre en scène des musiciens dans des lieux atypiques, pour montrer que la musique classique peut s’écouter dans des circonstances très variées, et que les artistes sont toujours disponibles à un dialogue direct avec les publics. La salle de concert reste son écrin privilégié, mais elle a également sa place dans des lieux de vie urbains.
En outre, la manifestation se conclura cette année à la Philharmonie de Paris, qui accueillera treize phalanges différentes du vendredi 27 au dimanche 29, dans des répertoires allant d’effectifs moyens à symphoniques. Des orchestres parisiens seront présents (l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre de chambre de Paris, l’Orchestre national d’Île de France),  et bien entendu des orchestres régionaux (Orchestre national de Lille,  l’Orchestre national de Lyon, de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie, l’Orchestre Victor Hugo de Franche-Comté, l’orchestre du CNSMDP1, l’Orchestre d’Auvergne, l’Orchestre symphonique de Bretagne, l’Orchestre national de Lorraine),  ainsi que l’Orchestre philharmonique du Luxembourg, également membre de l’Association française des orchestres.
Comme partout en France, cette programmation parisienne s’adressera tant à des publics adultes qu’à des enfants et se déploiera dans l’ensemble des lieux de la Philharmonie – grande salle, salles de répétition, auditorium de la Cité de la Musique désormais rebaptisé Philharmonie 2. Nous attendons plus de 100 000 spectateurs sur l’ensemble de la manifestation. Un dernier point pratique mais qui a toute son importance : de petits prix et de nombreuses activités gratuites.

"la mission des orchestres [...] déborde largement de la sphère artistique. Les orchestres ont aussi un rôle sociétal, social, et bien entendu éducatif."

La programmation ne fait pas seulement la part belle à la musique classique…

Tout à fait ; l’éclectisme des offres artistiques est une des caractéristiques de l’édition 2015, tant dans le répertoire strictement classique que dans les programmes associant jazz et musiques du monde.
Cette approche reflète la diversité des goûts du public, ainsi apte à « faire son marché » dans un panier particulièrement abondant ! En outre, l’accent sera mis sur l’aspect festif du concert : il y aura des concerts à toute heure et des ateliers de découverte pour toute tranche d’âge. Les musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes seront présents également, et enfin « les Souffleurs, commando poétique », qui surprendront le public en lui glissant à l’oreille  des mots murmurés sur deux thèmes magnifiquement musicaux :  « tempête intérieure et grand silence ».
La diversité des activités et de la programmation se veut le reflet de la mission des orchestres, dont le rôle déborde largement de la sphère artistique. Les orchestres ont aussi un rôle sociétal, social, et bien entendu éducatif.

Pourquoi avoir choisi Agnès B comme marraine de la manifestation ?

C’est une créatrice, dotée d’une affection toute particulière pour la musique classique, qu’elle n’intellectualise pas : elle l’aime et le dit. Agnès B est très impliquée via sa fondation dans l’humanitaire, l’écologie, mais aussi le croisement des expressions artistiques. Cet éclectisme et sa curiosité nous ont tout naturellement conduits à lui proposer de parrainer l’édition 2015.

 

 

 

— Hannelore Guittet

1 - Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris

Interview Le 20 Mars 2015 par Hannelore Guittet